Fête de la Bretagne 2015

Paris mairie du 15ème arr.
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20 21 MAI fête de la Bretagne

 

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Les 12 dernières nouvelles

LA MAISON DE LA DUCHESSE ANNE MORLAIX
Nature des travaux

Depuis sa restauration globale, menée en 1890-1891, la maison a été entretenue au fil des années par les propriétaires successifs dans la mesure de leurs moyens. Mais, progressivement, infiltrations et précipitations ont attaqué les murs et les structures en bois de l’arrière du bâtiment, rendant des travaux d’urgence indispensables pour assurer sa pérennité. La restauration de la fin du 19e siècle a contribué à cette détérioration, notamment par des joints et un habillage (briquettes, ciment) trop peu étanches qui empêchaient les pièces de respirer.

Après six ans de préparation, d’importants travaux de mise hors d’eau du bâtiment ont commencé fin mai 2016 et devraient s'achever fin 2017. Au programme, la restauration des murs latéraux, des pans de bois, de la charpente, de la couverture et des poutres transversales (pose de greffes), des portes et fenêtres et des planchers sur l’arrière du bâtiment.

Vocation du site

Suivant une tradition bien attestée dès le 19e siècle, la maison est ouverte à la visite de façon régulière depuis 1983.

Les travaux ont pour but principal d’assurer la préservation de cet exemple particulièrement somptueux de maison à lanterne.

Ils vont parallèlement permettre la découverte de plus larges espaces sur l’arrière du bâtiment, invitant le public à mieux comprendre le monument, son histoire, son architecture exceptionnelle, ses destinations successives, de la demeure aristocratique des origines à l’objet patrimonial actuel.

Appelées à être publiées, les différentes études scientifiques entreprises au cours des travaux complètent avantageusement nos connaissances : datation des bois, étude archéologique, étude du bâti.

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Marie-Hélène Prouteau

Poésie / Roman / Essais
photo Marie-Hélène Prouteau

Marie-Hélène Prouteau est née à Brest en 1950 et vit à Nantes. Etudes supérieures à Paris (khâgne lycée Fénelon ; La Sorbonne). Agrégée de lettres. DEA de littérature contemporaine. Elle a enseigné vingt ans les lettres-philosophie en classes préparatoires scientifiques. Elle recherche l’échange avec des créateurs venus d’ailleurs (D.Baranov, Festival Les Allumées Saint-Pétersbourg) ou de sensibilités artistiques différentes (plasticiens Olga Boldyreff, Michel Remaud, Isaaac Cordal…).
Seule ou avec d’autres, elle a organisé plusieurs conférences, (autour de J-P Vernant, M. Chaillou, J. Savigneau…) et des rendez-vous littéraires avec Marie-Hélène Bahain, Ghislaine Lejard, Luce Guilbaud. Elle a organisé les rencontres « Hauts lieux de l’imaginaire entre Bretagne et Loire » chez Julien Gracq. Et participé aux Rencontres de Sophie sur « Les autres ». Ses premiers textes portent sur la situation des femmes puis sur des œuvres de Marguerite Yourcenar (SIEY). Elle a publié des études littéraires, des romans, des poèmes et des ouvrages de prose poétique. Elle écrit dans Terres de femmes, Terre à ciel, Paysages Ecrits, Recours au poème, La pierre et le sel, Poezibao, Le Capital des mots, Europe, Place de la Sorbonne.
 

Extraits

– La Ville aux maisons qui penchent. La Chambre d’écho,2017.
Tout est ambivalent et Nantes le sait mieux que n’importe quelle cité. Le souffle de l’océan dilate ses rues. La mer s’y laisse seulement deviner, comme une amante distante. L’amour de loin, celui qui fait rêver les coureurs d’aventures. À petits bruits, la marée pénètre deux fois par jour dans la ville. Elle diffuse un précipité d’effluves bizarres qui brouille l’esprit des gens et, signe d’insolente jeunesse de la ville, est le ferment d’une inventivité en ébullition. Telle celle de ce jeune médecin qui va en hâte à la clinique ophtalmique qu’il vient d’ouvrir : « Aux plus déshérités, le plus d’amour », dit-il. Ce n’est pas la devise du Samu social mais celle d’Ange Guépin, ce médecin nantais, célèbre philanthrope du XIXe.
Vers le port, un bref tremblement, tout à coup, dans la transparence de l’air. D’une des hautes fenêtres de la rue Kervégan parvient un colloque ordinaire. Le riche armateur se penche vers le prélat de la paroisse : « Vous en convenez, Mon Père, ce Code noir est une bonne chose. Soyez tranquille pour le toit de l’église ». C’est si banal, la traite. Mille ondes de douleur flottent des cales qui ont chargé au loin leur fret d’hommes au corps d’ébène. Quels visages leur donner ? Dans les trous noirs de la raison, les morts anonymes n’en ont pas, ceux qui montent de la fosse du passé, comme ceux qui agonisent dans les camions d’aujourd’hui. Qui sait si cette part d’ombre de Nantes n’a pas fait pleurer les statues du Jardin des Plantes ?
Dans la féerie des toits, de ce côté, les gris battent la chamade. La livrée terne du tuffeau souillé et du ciment, dégradés sans poésie invite à chercher les couleurs de la vie au-delà des méridiens. Ici, les couleurs se méritent, rapportées des confins avec les arbres aux fleurs inconnues. On aperçoit la fresque Le Toucan d’Alain Thomas, rue Fanny Peccot où explosent l’indigo et le rose indien. Un oiseau de paradis aux fruits vermeils fait la vie plus belle. Il y a du Henry Thoreau chez ce peintre ami des fleurs et des espèces menacées. Mais son Walden est un jardin des Tropiques aux couleurs exubérantes.
Et voici que résonne la voix du philosophe Paul Ricœur au Temple Protestant. Il lit un extrait de l’Edit de Nantes pour le 400è anniversaire de l’événement. Une conférence avec les étudiants. Si la mémoire est nécessaire, nous dit cette parole généreuse, les hommes ont aussi besoin de l’oubli, sinon ils demeurent enfermés dans les barbelés de la haine. Message bien peu accordé à notre époque.
Au bout de cette extase paysagère, la ville donne l’impression de prendre la tangente, corps de songe superbement immatériel. Ancrée au sol mais parée pour tous les départs, elle ne cesse de prendre le large. Indifférente à nos balbutiements, Nantes poursuit son chemin à sa hauteur. Par temps clair, on voit la mer.

 

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